5 bonnes raisons de mettre "Les Voiles" vers la Normandie en écoutant le premier album de Granville

Impossible d'être passé à coté: on ne parle que de ces normands depuis un an. D'abord, on les a connus grâce à la chanson "Le Slow" et son clip non-officiel reprenant un extrait de "Pauline à la Plage" d'Eric Rohmer. On s'est ensuite enthousiasmé pour leur premier véritable single "Jersey" diffusé sur un bon nombre de radios (France Inter, Le Mouv' ou encore Virgin Radio). C'était en toute logique qu'ils signèrent rapidement chez East West France, label de Warner Music afin de sortir leur premier album (notons au passage qu'il est assez rare et remarquable en période de crise musicale de sortir un CD avec une maison de disque aussi rapidement, avec un unique EP déjà en vente et sans grande tournée à son actif). The 92nd Street vous donne 5 bonnes raisons de vous pencher sur ce premier album qui vaut le détour!

 

 


1) Parce qu'ils sont devenus en quelque sorte "les héros" de la scène caennaise.

Pourtant issus d'une scène normande déjà riche, variée et sûrement l'une des meilleures en France actuellement (Superpoze, Concrete Knives, Goldwave, Jesus Christ Fashon Barbe, Clockwork Of The Moon, Gablé...), les caennais ont tout de même réussi à imposer rapidement leur pop à la française, genre jusqu'ici, peu représenté au sein de cette dernière. Le groupe en est même devenu l'un des représentants phares en moins d'une année. D'ailleurs, dans "l’Écume de nuit", l'un des bars de nuit les plus populaires de Caen, l’engouement est général et immédiat lorsque résonne "Jersey" entre les derniers tubes de Britney Spears et de Breakbot (soit une programmation radicalement opposée à la musique de Granville). Tout le monde danse et chante à tue-tête sur ce titre devenu en quelque sorte un hymne caennais.

 

 

 

2) Parce que Jersey a tout d'un tube intelligent et rassembleur.

Il ne suffit que d'une seule écoute pour connaître par cœur les paroles de la chanson et siffler cet air si reconnaissable à longueur de journée. Ce n'est d'ailleurs pas la seule : quasiment toutes leurs chansons peuvent vous procurer le même effet. On ne peut pas reprocher au groupe une certaine homogénéité tant qu'aucun titre de l'album n'est dispensable ou inférieur au reste des compositions du groupe sans pour autant que le CD sonne, à un seul moment, répétitif.

 

 


3) Parce qu'on aime la rencontre de cette voix proche de Cœur de Pirate avec des riffs dignes des Clash.

C'est sûrement le gros plus du groupe parmi cette scène actuelle qui chante de la pop en français (Lescop, Aline, Fraçois and the Atlas Mountain). On adore ce doux mélange entre l'univers naïf et rêveur de la chanteuse du groupe et les riffs de guitare qui feraient tantôt jalouser les Foals avec "Polaroïd" ou même les Black Keys grâce à "Macadam". On aime également le savoureux et étonnant mélange entre les sonorités sixties et celles bien plus actuelles présentes sur le disque.

 

 

 

4) Parce que Granville, c'est quand même avant tout un groupe studio

Nous avions eu la chance de les voir à Rock en Seine cet été et les caennais s'étaient révélés assez décevants sur scène. La chanteuse paraissait d'une timidité presque maladive et murmurait dans son micro à tel point qu'on avait beaucoup de mal à comprendre quoi que ce soit des jolies paroles du groupe. En témoigne la session acoustique suivante où l'on a du mal à vouloir écouter une fille qui chante les bras croisés.

Peut-être que le groupe, pour qui tout s'est passé très vite a encore besoin de travailler la version live de ces mélodies. Après tout, le groupe n'existait depuis qu'un peu plus d'un an et jouait déjà dans l'un des plus grands festivals français. On a d'ailleurs, eu de biens meilleurs retours de leur tournée actuelle en première partie de Lilly Wood & the Prick.

 

 

 

5) Parce qu'on a de grands espoirs quant au potentiel succès du disque

Avec les semi-échecs des albums de Lescop et Aline, le phénomène de pop en français n'arrive toujours pas à se traduire en succès commercial en termes de ventes. On espère qu'il trouvera son digne représentant en la personne de Granville. "Les voiles" a tout pour convaincre un public connaisseur (aussi bien fan de la pop française des années 60 ou de la scène californienne actuelle) mais aussi un public plus large qui ne connait ni Beach Coast ni The Drums mais qui reste à la recherche de bons titres pop faciles d'accès sans vouloir pour autant supporter l'album de l'horrible génération goldman ou toutes les immondes "choses" diffusées à la radio actuellement.

Cette dualité du public de Granville (aussi bien en interview sur Les Inrocks et Brain Magazine qu'en première partie de Lilly Wood & the Prick et en playlist sur Virgin Radio) finira probablement par leur attirer les foudres des « hipsters haters » qui auront été pourtant les premiers à soutenir le groupe à ses débuts (ce syndrôme "I Hate Lana Del Rey qui touche tant de bons groupes victimes de leur succès commercial).

Le premier album de Granville intitulé "Les Voiles" est disponible depuis le 4 février 2013.

VLR