L'éclosion des Grizzly Bear sur le devant de la scène

 

 

     Le groupe Grizzly bear vient de sortir son quatrième album intitulé shields. Celui-ci n'en n'est pas moins surprenant que le précédent, Veckatimest. Il en est la délicieuse continuité. 

 

 

     "L'étrangeté est le condiment nécessaire de toute beauté". Cette citation de Charles Baudelaire illustre parfaitement le ressenti au terme de la première écoute du nouvel album des Grizzly bear, shields. Une mélodie pesante mais suave, une rythmique lourde mais à la fois si exaltante. Voici donc toute la complexité des New-Yorkais exprimée dans leur bouclier (Ndlr bouclier est la traduction franco-française de shields) anti mal-être.

"Le quatuor se réinvente même si Shields est la suite logique du précédent album du groupe New-Yorkais".

     Cet album est la suite logique du précédent, Veckatimest, paru il y a de ça trois ans et déjà salué par la critique. Toutefois, cela n'empêche pas le quatuor de se réinventer, d'évoluer même s'ils n'ont "jamais essayé de définir une direction, un thème spécifique " dans l'élaboration de leur album, explique Edward Droste, membre du groupe.

     Shields débute avec le magnifique titre sleeping ute, celui-ci annonce parfaitement la couleur de l'album. Effectivement, ce titre semble être le plus étrange, ce qui permet au public de se situer dès les premières secondes au coeur même de l'album et de le piquer à vif afin de le rendre immédiatement intrigué par la suite. L'interlude - Adelma - vient parfaitement compléter cette vision des choses.

"La proximité entre Grizzly Bear et Radiohead est si marquante".

     D'autres titres comme Speak in the rounds, Yet again, gun-shy, permettent quant à eux d'effectuer la comparaison si évidente et pourtant tellement nécessaire ; la proximité entre Grizzly Bear et Radiohead est si marquante. Quoi de plus étonnant ? Nos ours ont accompagné en 2008 Radiohead dans sa tournée internationale afin d'en assurer la première partie. Prélude d'un succès inévitable.

     Un succès qui augure un mauvais avenir artistique, peut-être trop "mainstream" selon Hugo Cassavetti, critique de télérama, pour ne citer que lui. Une accusation absolument fausse, le côté très (trop ?) expérimental du dernier LP n'attirera en rien les super-productions. Et si toutefois cela arrivait, si le groupe restait tout aussi inventif, innovant, où serait le problème ? 

     Le public n'a pas à s'inquiéter, ce relatif succès n'a en rien entamé la vision des Grizzly Bear de leur musique. Comme l'explique Chris Taylor :  "nous faisons ce que nous voulons faire. Ce groupe ne peut pas écrire une chanson en ayant en tête la réception du public : on veut des morceaux qu'on a nous-mêmes envie d'entendre et d'aimer"

     Une surprenante simplicité qui permet d'envisager pour ces américains un avenir radieux, leur quotidien étant constitué de labeurs. Il est bon de constater que parfois, la musique peut-être une passion et non simplement qu'une question d'argent.

Retrouvez ci-dessous l'album dans son intégralité : 

 

NK