Les nuits anonymes #3

19h30, en ce jeudi 4 avril 2013, j’ai l’intention de passer à l’ancienne prison Jacques Cartier, à l’occasion de la ND4J, avant de me rendre au Sympatic bar pour les Nuits Anonymes #3.

 

20h, j’apprends qu’il y a plus de 700m de queue soit environ 1h30 d’attente avant de pouvoir accéder à ce lieu chargé de sens et d’histoire. Je me résous donc à passer mon chemin, ou plutôt ce chemin, pour en emprunter un autre davantage familier aux étudiants et autres fêtards de la nuit : la célèbre rue Saint Michel, place Sainte Anne, aussi appelée « rue de la soif ».

 

20h30, je rejoins mes compères et nous arrivons sur place. Les rues de Saint Mich’ ne sont plus celles d’antan, elles se vident lentement à coup de rachat des bars par la ville de Rennes… Mais comme dans Astérix, certains résistent encore et toujours à l’« envahisseur ». C’est notamment le cas du Sympatic Bar qui laisse carte blanche aux Disques Anonymes pour une soirée placée sous le signe de la découverte.

 

21h, après un crochet au bar, j’accède à l’étage afin d’écouter le premier groupe : Panoplie. Pour leur « concert annuel », selon les mots d’Auguste, le groupe rennais débute son live de la meilleure des manières. À l’aide d’un synthé, d’une ou deux guitares (électrique ou pas), d’une batterie électronique le show prend forme et corps. Le public ne s’y trompe pas et se tasse à l’étage pour écouter la voix de Münique.

 

21h30, c’est le moment choisi par Auguste pour lancer le prochain morceau, une chanson « country électro » sous forme de ballade. Un moment magique tout en légèreté. La suite du live est du même acabit bien qu’il soit davantage pop que ce titre. Le charme du groupe, et surtout de Münique, opère. Le son lo-fi et parfois saturé donne beaucoup de classe au live, on retrouve un certain lien de parenté du côté de Tame Impala, sans le psychédélisme du trio australien.

 

22h, la fin du premier acte approche et l’on retient l’influence du rock des années 60 ainsi qu’une touche britannique proche de Baxter Dury au niveau de la voix qui n’est pas pour me déplaire, bien au contraire. Au final, des morceaux éclectiques mais une belle cohérence digne des plus belles panoplies de ton enfance. La promiscuité et la chaleur ambiante aidant, me voilà à nouveau au bar. Une petite pause avant de retrouver le duo toulousain Le Common Diamond.

 

22h30, le concert débute par un tube en puissance « Go Faster ». Floran au chant nous emmène loin et surtout haut, avec des accents mélancoliques. Le synthé donne une couleur électro-pop aux morceaux et se voit complété à merveille par la guitare électrique de Thomas. Après nous avoir invité à aller plus vite, le groupe nous propose de sortir pour se dégourdir les jambes (« Go Out for a Walk »). Et là encore on se laisse promené avec plaisir par un certaine nostalgie langoureuse des 80’s. Le public apprécie.

 

23h, la ballade se poursuit tout comme les envolées vocales du chanteur. Arrive alors la pépite pop qui porte bien son nom « Popnography » la voix est calme, posée, les riffs de guitare s’accordent parfaitement à la mélodie du synthé. La prestation est carrée, toute en maitrise. « Sofbeat » achève le set tout en poésie à coup de « I Want to Stay by Your Side », ce à quoi nous sommes tentés de répondre « Nous Aussi !!! ». Au final, si la salle de concert est aussi exigüe qu’une cellule de 9m2 pour 3, le live de Le Common Diamond invite au voyage et à la découverte de grands espaces.

 

23h30, la soirée se poursuit dans la foulée avec un set ensoleillé du morlaisien Blutch. Entre funk et disco, le live donne envie de bouger la tête et les épaules, à la cool. La salle se vide progressivement parce que demain il y a école ! Breakbot, Boney M, Justice et consorts sont de la partie et le mariage est agréable à l’oreille. Doucement mais sûrement, la nuit avance et la fatigue avec.

 

00h30, la soirée s’achève, les lumières s’éteignent, le bar se vide, les gens finissent leurs verres et s’en vont. Je fais de même en enfourchant mon fidèle destrier Vélostar pour rentrer dans mon chez moi. J’arpente les rues rennaises avec un sentiment de liberté après avoir connu l’évasion musicale. Tiens je passe devant l’ancienne prison Cartier…

 

WL